Ce matin-là dans le désert…

…Il s’est passé quelque chose.

C’était en janvier 2013. J’arrivais au bout de mes trois mois de voyage à travers l’Argentine et le Chili (voyage dont, bien évidemment, je vous reparlerai). J’avais quitté Santiago avec mon cousin, direction San Pedro de Atacama pour une semaine de découvertes.

Nous avons eu la chance, sur le trajet de rencontrer Patricio, un ancien camarade de lycée de mon cousin. Dans la salle d’attente d’une petite compagnie de bus locale. C’est fou comme les voyages se prêtent à ce genre de coïncidences. Et de fil en aiguille, nous laissions tomber nos plans de camping pour nous installer chez Pato et son épouse, Ely. Cette rencontre, en plus de rendre notre séjour beaucoup plus convivial, nous a évité bien des tracas au niveau de l’organisation de nos excursions et de nos dépenses.

Toujours est-il que Pato et Ely sont des motards. Et qu’un matin, Pato m’a proposé de monter avec lui sur sa moto pour aller dans un endroit surprise. Moi, pas convaincue, j’ai accepté. Parce qu’après tout, je n’avais pas fait toute cette route depuis deux mois et demi pour reculer maintenant devant une inoffensive balade en moto vers un lieu inconnu. S’il y a bien une chose que j’ai apprise au cours de ce périple, c’est que la prise de risque fait partie du jeu, et même qu’elle donne des chatouilles, là, au creux du ventre. Dans la mesure du raisonnable, bien sûr.

Me voilà donc à l’arrière de la moto, en train de me tenir comme je peux pendant que nous passons dans les ruelles de San Pedro, à essayer de deviner où Pato peut bien nous conduire. Et puis, après une feinte pour s’arrêter mettre de l’essence, nous nous sommes éloignés de la ville, …enfin, du village, pour prendre de la hauteur. Nous avons emprunté une route sinueuse qui passait entre les collines arides du désert d’Atacama. Chaque virage me dévoilait une vue plus époustouflante que la précédente. Il faisait beau ce jour-là, et pas encore trop chaud, car il était encore relativement tôt. J’avais cette sensation bizarre dans le ventre, comme quand je suis dans un manège un peu extrême à Disneyland, sûrement à cause de la vitesse, de l’excitation, et du bonheur, peut-être, aussi. Le vent caressait ma peau, et il me fallait lutter contre l’envie de fermer les yeux pour les protéger, car je ne voulais pas rater une miette du spectacle.

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

Bientôt, Pato a ralenti, puis s’est arrêté sur le bord de la route, au niveau d’un énième virage. Je suis descendue de la moto, j’ai ôté mon casque tant bien que mal, et j’ai examiné les environs. Le panorama était splendide. Je me trouvais au dessus de la Vallée de la Lune, qui baignait dans la lumière du matin. J’ai suivi Pato qui s’éloignait de la route pour s’arrêter juste au bord d’une sorte de falaise, où nous nous sommes assis quelques instants. Je regardais en bas, les drôles de reliefs formés dans la roche, je regardais en face, jusqu’au volcan Licancabur, qui dominait au loin, je regardais tout autour, le désert, qui s’étendait presque à perte de vue.

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

J’avais pour habitude de dire aux gens « Je ne suis pas très désert. Les terres arides, c’est pas mon truc. Je préfère les contrées vertes et boisées, les forêts, les régions humides, où les couleurs sont plus vives et variées, où tout est plus vivant. Le désert ? C’est mort, c’est ennuyeux, et c’est toujours la même chose ! » Jeune arrogante que j’étais. Malgré tout ce matin-là, je me tenais en plein milieu du désert le plus aride au monde, histoire de vérifier ma théorie. Et je n’avais jamais eu aussi tort de ma vie. Enfin à peu d’exceptions près.

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

Nous sommes restés un moment assis là. Au début, on a un peu parlé. Il me disait qu’il venait là, seul, quand il avait besoin de se vider l’esprit, de se changer les idées, que c’était la première fois qu’il amenait quelqu’un, qu’il n’y avait pas mieux que cette vue pour retrouver son calme. Il avait raison. Et puis nous avons fait place au silence pendant encore quelques minutes, avant de retourner à San Pedro.

Ce matin-là, il s’est passé quelque chose.

Ce matin-là, non loin de San Pedro de Atacama, j’ai commencé à aimer le désert. À l’aimer vraiment. À aimer son calme, sa beauté à la fois majestueuse et sans extravagance. Juste la terre, l’ombre et la lumière. Et le sel, qui lui donne toute sa saveur. Et le vent, qui souffle entre ses reliefs comme pour lui redonner vie.

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama

Oui. Depuis ce matin-là, j’aime le désert.

PS : Malheureusement (ou pas d’ailleurs, parce que le moment ne s’y prêtait pas), je n’ai aucune photo de cet endroit. Mais pour ne pas vous laisser sur votre faim, je vous en ai mises d’autres, toujours de la Vallée de la Lune, mais prises d’un autre spot, et au coucher du soleil.

Vallée de la Lune, Désert d'Atacama


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6 thoughts on “Ce matin-là dans le désert…

  1. LadyMilonguera

    Oh la la… quelle beauté ces paysages !

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    1. Anaïs

      Oui, c’était assez impressionnant, surtout au lever ou au coucher du soleil, le moment idéal pour shooter ! ;)

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  2. Pauline

    Magnifique article! Très bien écrit, et ces photos… Waouh!

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    1. Anaïs

      Merci beaucoup pour ton gentil mot ! :)

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  3. Camille In Bordeaux

    ohlala mais c’est canon ! tu me fais rêver !

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    1. Anaïs

      C’est vraiment une magnifique région du Chili, j’encourage tout le monde à y faire un tour, et en même temps c’est si beau qu’on aurait envie de garder la destination secrète, pour la préserver… Mais comme je suis sympa, tous à Atacama ! ;)

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