Voyager pour grandir

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Aujourd’hui, j’avais envie de changer un peu de format. Donc, pour une fois, je vais laisser de côté ma série de billets sur mon road trip en Écosse. Pour une fois, on va voir plus grand. See the whole picture, diraient les anglophones. Je préfère vous prévenir tout de suite, pour en venir au fait, je vais légèrement raconter ma vie ! D’ailleurs, je vais être honnête, je suis un peu stressée de me dévoiler comme ça, parce que c’est un pas que je n’avais pas encore franchi sur ce blog. Mais je me fie à votre indulgence et à votre bienveillance ! Par ailleurs, les photos sont de moins bonne qualité que d’habitude, pardon pour ça !

Depuis un an, j’ai beaucoup voyagé. Mon premier article était d’ailleurs une liste des voyages que je voulais faire en 2015 ; je les ai tous faits. C’était une année charnière pour moi. C’était mon année Erasmus en Angleterre. Cette année, je la voulais. Je la préparais depuis longtemps. Il faut dire que les choses se sont améliorées pour moi depuis quelques années, et les voyages font partie de ce « mieux ». Mais rembobinons encore un peu, un peu plus tôt dans mes études.

Après avoir obtenu mon bac, j’ai choisi une voie par défaut, parce que je n’avais pas obtenu l’école que je voulais et que je n’avais pas vraiment réfléchi à un plan C, le plan B étant de suivre la filière équivalente à la fac. C’est donc ce que j’ai fait. J’ai avancé en automate pendant un an, j’ai échoué, j’ai persévéré l’année suivante. Ça n’avançait pas, mais j’étais concentrée sur les petites choses du quotidien et je ne voyais pas que je fonçais dans le mur. Quand j’ai échoué une nouvelle fois, une sérieuse remise en question s’est imposée. Je n’avais jamais été mauvaise élève, j’avais même été plutôt douée de la maternelle à la terminale. Mais là, je coinçais. J’en ai donc conclu que cette voie n’était pas pour moi. Oui, mais alors, que faire ? J’ai bien envisagé d’entrer dans l’armée pour y devenir traductrice, j’ai même entamé les démarches de recrutement. Mais avant l’étape suivante, j’avais de longs mois devant moi. Je me suis donc réinscrite dans ma filière première, plus pour avoir le dernier mot (comprendre : valider cette foutue année) que par conviction étudiante. Oui mais : j’avais validé mon premier semestre, et je n’avais donc rien à faire pendant plus de trois mois. Deux options s’offraient à moi : trouver un job, ou partir en voyage (et réaliser le voyage que je n’aurais peut-être plus l’occasion de faire avant longtemps si je rentrais dans l’armée). J’ai choisi le voyage, bien sûr, et c’est là qu’on entre dans le vif du sujet.

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© G. S.

Pour la première fois, je partais en voyage en dehors du cadre familial ou vacancier. Je partais pour réaliser un rêve, celui de découvrir l’Amérique du Sud en sac à dos. Ceux qui ne voyaient pas ce voyage d’un bon œil disaient que je fuyais mes échecs, que je gaspillais mes économies pour une lubie. Pour moi, ce voyage, c’était plus qu’une envie ; c’était un besoin. Cela, je l’ai compris bien plus tard, bien après être rentrée en France. Pour la première fois donc, j’ai fait mes préparatifs toute seule, comme une grande, en prenant conseil auprès de guides de voyage, de sites internet reconnus pour leur expertise, et auprès de ma mère, une voyageuse, elle aussi. Je voulais partir seule, mais je voyais mes parents très réticents à cette idée, et pour leur épargner des mois d’insomnies (et aussi pour me rassurer, je l’avoue), j’ai déposé une annonce sur la rubrique « bourse d’équipiers » du site internet du Routard, et c’est comme ça que j’ai rencontré une étudiante belge qui avait sensiblement le même projet que moi. Après qu’elle soit venue passer quelques jours à la maison pour faire connaissance et tracer les grandes lignes de notre périple, après que les billets aient été achetés et le sac à dos bouclé, après tout ça, un matin d’octobre, mon père m’a accompagnée à l’aéroport. Et j’étais partie. J’avais 20 ans, j’étais un peu stressée, mais surtout, j’étais excitée comme un lapin Duracell !

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Alors je ne vais pas vous raconter le voyage et les choses merveilleuses que j’ai vues durant ces trois mois passés sur les routes d’Argentine et du Chili (vous pouvez notamment avoir une idée ici et ici, et peut-être que le reste viendra un jour). Non, ce que je veux vous dire aujourd’hui, c’est que voyager, au-delà des préoccupations relatives au transport, à l’hébergement, à la sécurité, au-delà des activités, des paysages et même des rencontres, voyager fait grandir. C’est un interlude à la fois exténuant et revigorant. C’est une pause bienvenue dans votre vie bien millimétrée. C’est la chance de s’arrêter (ironique, non ?) pour regarder sa vie d’un peu plus loin et donc la voir dans sa globalité. Comme si l’éloignement physique était accompagné d’un éloignement plus personnel, moral, je dirais même spirituel. On va vers un ailleurs d’où on aura un regard plus extérieur, plus profond, plus apaisé aussi, sur sa vie, sur la direction qu’elle prend. Une bonne façon de se poser la question : est-ce que je vais là où j’ai envie d’aller ?

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De toute évidence, pour moi, la réponse était non. Alors je ne sais pas comment ni à quel moment, mais j’ai trouvé le temps au cours de ce voyage incroyable, d’explorer les différentes perspectives qui s’offriraient à moi lorsque je reviendrais à la maison. J’ai peu à peu réalisé que ce que je voulais faire, ce qui me plaisait, ce à quoi j’étais douée, c’était les langues étrangères. Depuis toujours, j’avais cette fibre (merci Papa chilien et Maman française et polyglotte). J’ai fait des recherches donc, j’ai lu, j’ai réfléchi surtout. Chose que visiblement, je n’avais pas assez faite jusque là.

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À mon retour, j’étais plus sûre de moi. J’avais réussi peu de choses ces dernières années (enfin à part mon permis quand même), mais j’avais ça pour moi : j’avais élaboré un trajet, budgétisé et organisé un voyage, et surtout, je l’avais réalisé, malgré les quelques tentatives de découragement auxquelles je m’étais heurtée. Ce voyage, si loin, si long (bon je sais ce n’est que trois mois, mais quand même, c’est trois mois quoi !), si jeune, c’est quelque chose dont j’étais fière. Je le suis toujours.

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Mais ce que je veux dire, c’est que c’est un voyage qui m’a rendue plus forte, plus mûre, plus sûre. À mon retour, je savais où je voulais aller, et comment me donner les moyens d’y parvenir. Il y a des moments dans la vie, des moments comme ça, des moments clés. Que se serait-il passé si je n’avais pas échoué lors de mes premières années ? Je pense que je me serais rendu compte bien trop tard qu’au fond, j’avais choisi une filière qui ne me plaisait pas. Que se serait-il passé si j’avais choisi de travailler au lieu de partir en voyage ? Je pense que j’aurais passé les tests physiques pour entrer à l’école des sous-officiers ; ça m’aurait plu, peut-être, mais je n’étais pas prête à renoncer à tout ce qu’être militaire implique. Bref, ce voyage a été une véritable prise de conscience pour moi, et même plus que ça. Il a été comme un réveil soudain après des années de sommeil.

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Pour la petite histoire, à mon retour, j’ai travaillé et obtenu cette fameuse année qui m’avait donné tant de fil à retordre. Au cours de l’été qui a suivi, j’ai fait la demande d’un transfert de dossier et d’une équivalence pour entrer en deuxième année de langues étrangères appliquées. J’ai été acceptée. Au mois de décembre suivant, j’ai déposé mon dossier de candidature pour effectuer ma troisième année de licence en Erasmus en Angleterre. Au mois de mars, j’ai appris que ma candidature avait été retenue pour mon premier choix d’université d’accueil. Au mois de septembre, j’ai plié bagage, direction Sheffield. La suite, vous la connaissez !

Aujourd’hui, trois ans après être partie pour Buenos Aires, je me dis waouh… Le temps a passé vite ! Depuis, j’ai réussi, vu et fait tant de choses ! J’avais déjà voyagé avant bien sûr, mais ces trois mois en Amérique Latine, ç’a été un tournant. Depuis, je ne vois plus le voyage comme un simple hobby, comme quelque chose que l’on fait quand on a le temps et l’argent. Aujourd’hui, je considère que voyager est un état d’esprit, une étape de vie essentielle et que je souhaite régulière dans la mienne. Le résultat de tout ça ? Ce blog, déjà ! Créé il y a sept mois, il me permet de combler mon manque entre deux voyages. Une nouvelle façon de voyager ensuite, et je continue d’apprendre sans cesse. D’une manière plus générale, le résultat c’est aussi et surtout une nouvelle impulsion dans ma vie, un élan supplémentaire pour élaborer et réaliser des projets, de voyages le plus souvent, mais pas seulement, et la conviction nouvelle que je peux faire des choses que je n’aurais pas osées ou que je ne me serais pas crue capable de faire, avant. Et ça, c’est précieux.

Voyager voyage grandir travel traveller wanderlust Maimara Argentine Argentina

Voilà donc pourquoi je pense que voyager fait grandir. J’aurais pu vous donner d’autres exemples, plus récents, pour illustrer cette réflexion, mais l’Amérique du Sud reste (jusqu’ici) mon expérience la plus parlante. J’aurais pu vous raconter que c’est grâce au voyage que j’existe, que c’est en voyageant que mes parents se sont rencontrés, mais cette histoire-là, il ne m’appartient pas de la raconter…

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Alors si parmi vous il y a encore des hésitants, des anxieux, des réticents, lancez-vous ! Pensez-y à deux fois avant de remettre cette coupure de magazine sur la Mongolie dans la boîte poussiéreuse d’où vous l’avez sortie en vous disant « je le ferai quand… ». Parfois c’est le voyage qui nous apporte ce qu’on pensait trouver chez soi. Parfois même, voyager change complètement l’orientation de votre vie. N’attendez pas d’être plus grand(e) pour voyager : voyagez pour grandir ! Qui sait quelle(s) surprise(s) le voyage vous réserve…

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Et vous, avez-vous vécu un grand changement grâce au voyage ? Racontez-moi tout ! ;)


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8 thoughts on “Voyager pour grandir

  1. Eloise

    Ton article vient confirmer ce que je pensais déjà, que j’en ai grandement besoin, en plus d’en avoir terriblement envie. D’ici 6 mois / un an, je risque de ne plus être ici. L’idée murit tranquillement dans ma tête depuis bientôt un an. Il est temps de la concrétiser !! Très bon article en tout cas.

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    1. Anaïs

      Salut Héloïse ! Merci pourr ton message ! Ha c’est bien d’avoir des envies comme ça et c’est rare qu’on regrette d’avoir franchi le pas :) Alors j’espère de tout cœur que tu pourras concrétiser tout ça et aussi que tu en parleras sur ton blog ! Bises :)

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  2. Jenny

    Wahou, ton article est vraiment beau, le fait que tu t’ouvres comme ça, je trouve ça super chouette et touchant. En plus, tes photos sont sublimes et me donnent envie de voyager.
    Et je suis totalement d’accord avec toi sur le fait que voyager fait grandir. Quand tu voyages, tu découvres d’autres cultures, d’autres valeurs, tu rencontres des personnes qui te marquent pour la vie, qui t’ont apporté quelque chose. :)

    Si j’avais l’opportunité de voyager, je la saisirai. Malheureusement, je suis en alternance et même financièrement je pense que ça serait assez compliqué. J’avais même envisagé de voyager après mes études mais je ne sais pas si je le ferai.

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    1. Anaïs

      Coucou Jenny jolie, merci beaucoup ! Tu as raison, pendant les études ce n’est pas toujours facile de voyager… Mais même un petit week-end de temps en temps comme ceux que tu décris parfois dans tes billets, c’est des parenthèses agréables et essentielles ! Bises ;)

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  3. Ophélie G.

    C’est tellement chouette quand les blogueuses osent s’ouvrir et parler de soi, de leurs expériences, bonnes comme mauvaises. Je suis d’accord avec toi, le voyage fait grandir, ou plutôt mûrir. On apprend beaucoup au fil des kilomètres, mais surtout, on se découvert. Je crois que c’est ce que je préfère avec l’idée de voyager. Partir en Erasmus m’a beaucoup aidé (ça date de 2011-2012, et c’était à Glasgow) : je suis devenue indépendante, et bien plus débrouillarde que je ne l’étais. En posant mes valises en Angleterre en septembre 2014, je ne me doutais pas du tournant qu’aller prendre ma vie. J’étais quelqu’un de taciturne, de renfermée, je n’aimais pas sortir de ma bulle et affronter les autres. Désormais, c’est avec plaisir que je sors, que je rencontre des gens. Mon travail m’a permis d’affronter quelques vieux démons, et je peux aujourd’hui affirmer que tout va bien dans ma vie. Je ne pense pas que ça aurait possible si j’étais restée en France. Alors oui, voyager m’a permis de m’ouvrir au monde et je ne le regretterai jamais ! Dans tous les cas, je te souhaite bonne continuation dans la vie. Et j’attends avec impatience la suite de tes aventures écossaises !

    Oh et je me permets de t’ajouter à ma blogroll aussi ! ;)

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    1. Anaïs

      Bonjour Ophélie ! C’est super de lire ton expérience, de voir comment voyager t’a appris à t’ouvrir sur le monde, alors merci d’avoir partagé ça ! Les aventures écossaises reprendront très bientôt, et merci pour l’ajout à ta blogroll !

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  4. Nathalie CookieetAttila

    Je suis complètement d’accord avec le fait que voyager fait grandir. Il ouvre l’esprit aussi. Pour moi, j’ajouterais qu’il m’a permis (et me permet encore) d’aller à l’essentiel, de ne pas me prendre la tête et de prendre la vie comme elle vient sans trop me poser de questions (bon ce n’est pas que du positif dans ce monde de capitalistes…). C’est surtout mon Erasmus qui m’a appris tout ça. Maintenant, je privilégie toujours les expériences au matériel et c’est fou la différence que ça fait!
    Très bel article, c’est chouette d’en découvrir plus sur la personne qui se cache derrière un blog :)

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    1. Anaïs

      Merci Nathalie ! Tu as raison, voyager aide aussi à voir ce qui est vraiment important, et ce dont on peut se passer, et ça nous aide, à notre retour, à avoir une vie plus simple et plus vraie !

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