Chili Tranches de vie

Nouvelle vie : je m’installe au Chili !

17 janvier 2020

Et voilà, je suis finalement partie. J’avais déjà évoqué ici un futur départ. Ce n’est pas un coup de tête, pas non plus précipité. C’était le moment, tout simplement. Donc, ça y est, je m’installe au Chili !

Parfois, les choses s’enchaînent mal pendant longtemps. Et puis, soudain, tout s’aligne. Vous avez peut-être vécu cela ? C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques mois, alors que j’avais eu une période compliquée avant cela.

Le projet de m’installer au Chili, je l’avais depuis un an. Mais au fond, ça devait être inscrit quelque part entre mon ADN, mon thème astral, et les lignes de ma main.

Ma France, ce n’est pas un adieu…

…Mais j’avais besoin de prendre mes distances, de m’éloigner un peu. De ressentir le manque de toi. De me souvenir pourquoi je t’aime autant. Non, je ne l’ai pas oublié, mais je m’y étais peut-être un peu trop habituée.

En France, on oublie trop souvent que l’on a de la chance. On prend beaucoup de choses pour acquises. C’est mon humble opinion. Et quand je dis « on », je dis « moi aussi ».

Partir pour un temps, c’est me rendre compte à nouveau. De ce qui est précieux, et que je dois valoriser et apprécier en France. Cela va de la beauté de la place Saint-Pierre de Bordeaux déserte, au soleil franc d’un dimanche matin, au confort de la Sécurité sociale, quoi qu’on en dise. Et du bonheur indescriptible de croquer dans une chocolatine (sorry, not sorry) encore chaude, à un SMIC raisonnable pour 35h hebdomadaires, là encore, quoi qu’on en dise. Je ne rentrerai pas dans un débat socio-politico-économique, je me base sur les faits, sans appréciation aucune sur les avantages et inconvénients du « système » français.

J’ai aussi choisi de partir maintenant, parce qu’il est encore facile pour moi de le faire. Je n’ai pas de maison ou d’appartement à moi, pas de mari, pas d’enfant à charge, je suis donc assez facilement « déplaçable ». Ma famille restée en France me manque, évidemment. Mais elle aussi savait que j’allais finir par repartir pour de bon et m’installer au Chili.

Je m’installe au Chili, l’autre moitié de moi…

…Mon deuxième pays. Je suis venue souvent. D’abord par voyages de trois semaines. Puis lors d’un voyage de trois mois. Ensuite, ça a été un stage de six mois. Et cette fois, on verra ! Cela m’a titillée longtemps, douloureusement parfois. À chaque retour en France, ce manque. Ce trou. Cette sensation d’être incomplète, de laisser un bout derrière moi. D’ailleurs c’est aussi le cas quand je suis au Chili : j’ai l’impression d’avoir laissé en France une partie de ma personne.

Je ne dis pas non plus que c’était une évidence, un choix facile à faire. Ma volonté était assez claire depuis un an, c’est vrai. Toutefois, il m’a bien fallu ce laps de temps pour prendre la mesure de ce à quoi je renonçais, de ce que j’acceptais aussi. Une autre réalité, sur les plans social, économique, politique, environnemental… Un autre salaire, un autre système de santé, une autre loi. Etc.

C’est drôle, parce que j’ai commencé à écrire ce post le 18 octobre, dans un Chili que je pensais encore « normal ». Et c’est justement le jour où le fort mouvement social qui secoue le pays a commencé. Du coup, les choses sont un peu plus incertaines aujourd’hui. Mais dans ce cas précis, je suis des optimistes qui pensent que tout cela ne peut pas être en vain, ou ne le doit pas.

Qu’est-ce que tu fais là ?

Oui, la plupart des Chiliens qui ne sont jamais allés en France ou en Europe en ont une vision biaisée. Dans leur imaginaire, c’est tellement mieux là-bas, que pour que je m’installe au Chili, il doit me manquer une case. Depuis mon arrivée, il y a déjà quatre mois, on m’a posé cette question plusieurs fois, sans parvenir totalement à cacher l’incompréhension, voire la désapprobation.

Je suis venue pour travailler. J’ai trouvé un métier qui me plaît, vraiment beaucoup. Par forcément le métier pour lequel j’ai étudié (quoique pas si éloigné), mais un métier qui faisait probablement partie du top 5 des métiers de mes rêves. Je travaille avec une équipe sympathique que je retrouve chaque matin avec plaisir. Je suis dans une entreprise qui me permet de garder un lien solide avec la France, et de parler français au quotidien, tout en travaillant en espagnol avec des sud-américains. C’est bon, j’arrête ici le suspense : je suis conseillère voyages dans une agence franco-chilienne qui propose à une clientèle majoritairement francophone des séjours sur mesure au Chili, en Argentine, au Pérou, en Bolivie et au Paraguay. Et j’ai l’impression d’avoir enfin, enfin, trouvé ma place dans cette jungle qu’est le monde du travail.

Je ne serais pas complètement honnête avec vous si je ne vous disais pas que je suis aussi venue pour lui. Après plus de deux ans de relation longue distance, je m’installe au Chili aussi pour rejoindre mon amoureux. Et encore, nous ne vivons pas dans la même ville ! Mais 2 heures de route n’ont rien à voir avec 14 heures de vol, donc cela reste une nette amélioration. Donc, nous nous retrouvons les week-ends. Et nous sommes heureux.

Je m’installe au Chili. Et maintenant ?

Ce grand pas à sauter a été mon projet pendant un an. Aujourd’hui, j’ai besoin d’avoir d’autres projets à court et moyen terme. C’est comme ça que j’avance : en fixant un point devant moi qui m’aide à garder le cap.

Je ne sais pas encore quel est mon prochain cap, même si j’ai quelques idées. Pour l’instant, j’ai l’impression que je m’adapte encore à ma nouvelle vie, et que je prends mes marques. À court terme, ce sera probablement de trouver mon espace à moi : je vis pour le moment avec ma famille chilienne. Et de me recréer un écosystème : une vie sociale, une activité physique, un engagement associatif… Bref, un nouveau rythme, un nouvel environnement, de nouvelles habitudes. Une nouvelle vie !

P-S : évidemment, je continuerai, j’espère même avec plus d’assiduité, à partager tout cela avec vous. Évidemment aussi et par la force des choses, le contenu du blog risque de changer un peu par rapport à ce qu’il a été jusque là… mais j’espère que vous resterez avec moi ! :)

P-S bis : quelques photos prises au fil de mes week-ends, à Santiago, à Valparaiso, dans le Sud du Chili, pour vous montrer qu’on n’est pas si mal, ici.

Anaïs

  • Reply
    Ophélie G.
    29 mars 2020 at 16:27

    Welcome back Anais ! C’est une chouette décision que tu as prise en emménageant au Chili. J’espère que tu nous raconteras tes aventures. :) xx

    • Reply
      Anaïs
      15 avril 2020 at 22:59

      Hello Ophélie ! Merci pour ton message, oui je suis heureuse d’avoir franchi le pas. J’ai bien sûr l’intention de partager ma vie au Chili sur le blog, et d’ailleurs le confinement me donne l’occasion parfaite d’avancer dans mes articles. Très bientôt j’espère !

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